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Les recettes de Kueh lapis ne sont pas complexes mais nécessitent de disposer de plusieurs heures pour les réaliser ce qui n'est pas une réelle difficulté dans cette partie du monde ou le temps semble suspendu.
La transmission des recettes de Kueh lapis est également très représentative de la culture du pays car il est en effet impossible d'obtenir une recette avec précision et des quantités exactes d'ingrédients. Les femmes prennent en effet instinctivement des poignées d'ingrédients et les mélangent sans balance ni instrument de mesure, simplement en observant l'apparence et la texture des la pâte. Lorsqu'on les questionne à ce propos elles vous répondent avec un grand sourire " mais tu vois bien " et si jamais on insiste un peu pour en savoir plus, elles disent simplement " mais regarde donc et tu sauras "… C'est grâce à ce lent apprentissage issu de l'observation de la répétition des gestes de ces femmes que peu à peu, les jeunes générations intègrent inconsciemment ces recettes et que se perpétuent les traditions selon un rythme lent si caractéristique de ce pays hors du temps.
Pour les fêtes de fin d'année, période de retour aux souvenirs de l'enfance, j'ai choisi cette recette comme un symbole de la transmission, un symbole du passage qui nous montre que nous ne sommes détenteurs d'une culture et d'un savoir dont nous n'avons parfois pas conscience et qu'à notre manière propre, par nos paroles et par nos actes, nous aussi sommes ne charge de propager un message et avons la responsabilité de transmettre aux générations futures.
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VOS GRAINS DE SEL